Grand déplacement : définition, conditions et barème URSSAF
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Grand déplacement : définition, conditions et barème URSSAF

31 août 2026

Qu'est-ce qu'un grand déplacement ?

Un salarié est considéré en situation de grand déplacement lorsqu'il est envoyé en mission professionnelle et qu'il ne peut pas regagner sa résidence habituelle chaque jour. Cette situation se distingue du petit déplacement, dans lequel le salarié conserve la possibilité de rentrer dormir chez lui le soir. La différence entre les deux régimes n'est pas qu'une question de distance : elle repose avant tout sur l'impossibilité réelle du retour quotidien au domicile.

Les deux conditions cumulatives

L'URSSAF retient une présomption de grand déplacement lorsque deux critères sont réunis en même temps :

  • la distance entre le domicile habituel du salarié et le lieu de la mission est d'au moins 50 kilomètres (trajet aller) ;

  • le trajet effectué en transports en commun ne peut pas être réalisé en moins d'1h30 (trajet aller).

Ces deux conditions sont cumulatives : si l'une des deux fait défaut, le régime du grand déplacement ne s'applique pas automatiquement. L'employeur peut néanmoins justifier une situation de grand déplacement en dessous de ces seuils s'il peut démontrer que le salarié est réellement empêché de rentrer chez lui, par exemple en cas d'horaires décalés ou d'absence de solution de transport adaptée.

Ce que couvrent les indemnités de grand déplacement

Contrairement au petit déplacement, qui ne donne droit qu'à une indemnité de repas, le grand déplacement permet à l'employeur de verser des indemnités forfaitaires couvrant à la fois les frais de repas et les frais d'hébergement engagés par le salarié pendant sa mission. Ces indemnités sont exonérées de cotisations sociales et de CSG-CRDS dans la limite des plafonds fixés par l'URSSAF, à condition que la réalité du déplacement et l'impossibilité de rentrer au domicile puissent être justifiées.

Le barème URSSAF applicable en 2026

Pour les missions effectuées en métropole, les plafonds d'exonération applicables aux trois premiers mois de mission sont les suivants :

  • repas : 21,40 € par repas ;

  • hébergement (nuitée et petit-déjeuner) : 56,80 € en province, 76,60 € à Paris et dans les départements de la petite couronne (92, 93, 94).

Ces montants sont revalorisés chaque année au 1er janvier.

Cas particuliers

Un plafond majoré de 150 € par jour peut s'appliquer pour un salarié reconnu travailleur handicapé en situation de mobilité réduite.

Pour les missions en outre-mer ou à l'étranger, des barèmes spécifiques s'appliquent, distincts de ceux de la métropole.

La dégressivité des montants dans le temps

Le barème d'exonération n'est pas figé sur toute la durée d'une mission. Il diminue à mesure que le déplacement se prolonge, l'administration considérant qu'un salarié installé durablement sur un même lieu de mission peut réduire ses coûts (location d'un logement, courses alimentaires plutôt que restauration). Les montants sont ainsi soumis à un abattement de 15 % à partir du 4ᵉ mois, puis de 30 % à partir du 25ᵉ mois de présence continue sur le même lieu de mission.

Grand déplacement et indemnités kilométriques : deux dispositifs distincts

Le grand déplacement et les indemnités kilométriques (IK) répondent à des besoins différents et peuvent se cumuler. Les indemnités de grand déplacement couvrent les frais de repas et d'hébergement pendant la mission, tandis que les indemnités kilométriques compensent l'usage d'un véhicule personnel pour les trajets liés à la mission. Un salarié en grand déplacement qui utilise son véhicule personnel peut donc percevoir les deux types d'indemnités, chacune calculée et justifiée séparément selon son propre barème.